Bienvenue à tous

Bienvenue à tous

Salut les jeunes de TES1 et de TSMS1 de JR !

Ceci est votre espace. Il y a quelques années j'ai "inventé" le cahier CDI où vous pourrez trouver toutes sortes de documents qu'il me semblait inutile de distribuer à tous:

- Bibliographie
- Devoirs facultatifs
- Enigmes (pour se creuser un peu la tête)
- Textes pas forcément philosophiques au 1er abord, mais qui font réfléchir
- Des pages réservées à vos énigmes, vos suggestions de lecture...
- Des compléments de cours
- ...

C'était aussi une ruse (il faut bien l'avouer) pour que certains poussent enfin la porte du CDI :d !

Ce blog en sera à la fois le double et le complément :

Vous y trouverez certains documents qui sont dans le cahier CDI mais avec l'avantage de pouvoir mettre des commentaires.

Vous y trouverez aussi, et c'est là que la technologie moderne c'est dla bombe, des clips (chansons, débats, reportages...), des images à méditer et/ou à commenter et plein d'autres choses encore...

Voilà, je ne vais pas en écrire une tartine; j'ai un autre blog et je vois bien que lorsqu'il y a trop de lecture, il y a moins d'amateurs et donc beaucoup moins de coms.

J'espère vous offrir ici une façon de philosopher AUTREMENT, de vous exprimer librement en déclinant votre identité ou en restant anonymes pour les plus timides.

A vos claviers !

# Posté le vendredi 04 avril 2008 15:31

Modifié le dimanche 06 avril 2008 09:36

Le temps passe inexorablement et totalement indifférent à ceux qui le subissent...

Le temps passe inexorablement et totalement indifférent à ceux qui le subissent...


Ce poème, je le dis à chaque début d'année, à toutes mes classes !

Objectif : faire comprendre que le temps passe sans jamais ralentir sa cadence et qu'une année de terminale (9 mois : le temps qu'on vous accorde pour accoucher en juin d'un beau bébé philosophique) passe très vite...

Evidemment, il est un peu trop tard pour vous mettre en garde à ma manière :s

Evidemment, il vaut mieux l'entendre que le lire... alors dites-le à voix haute; concentrez-vous, adoptez un ton légèrement sinistre et lancez-vous :


L'HORLOGE




Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens- toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton c½ur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi ! Prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! C'est la loi
Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! »


BAUDELAIRE





# Posté le dimanche 06 avril 2008 06:44

Modifié le lundi 07 avril 2008 07:41

Parce qu'il y a une vie après le bac, apprenez que le temps ne passe vite que pour celui qui n'en fait pas bon usage...



« La plupart des mortels se plaignent amèrement de la malveillance de la Nature : nous venons au monde, disent-ils, pour une durée très limitée et ce temps qui nous a été donné s'enfuit si rapidement, si précipitamment que tous, excepté une infime minorité, sont abandonnés par la vie au moment précis où ils s'apprêtent à vivre. Et ce prétendu malheur universel ne fait pas seulement gémir le commun des mortels et la masse des ignorants ; ce sentiment suscite les doléances des hommes illustres. [...]
Ce n'est pas que nous disposions de très peu de temps, c'est plutôt que nous en perdons beaucoup. La vie est suffisamment longue et elle nous a été accordée avec une générosité qui permet d'accomplir de très grandes choses, à condition toutefois que nous en fassions bon usage ; mais lorsqu'elle s'égare dans le luxe et l'insouciance, lorsqu'elle n'obéit à aucune valeur, il nous faut la contrainte de la nécessité suprême pour que nous nous apercevions qu'elle est passée alors que nous n'avions pas compris qu'elle était en train de s'écouler.
Ainsi en est-il : la vie n'est pas brève, nous la rendons brève ; elle ne nous fait pas défaut, nous la gaspillons. Quand d'abondantes ressources princières tombent entre de mauvaises mains, elles fondent en un rien de temps mais même modestes, quand elles sont confiées à un bon dépositaire, elles fructifient avec le temps : de même notre vie s'étend amplement pour qui sait en disposer. »

Sénèque, De la brièveté de la vie, chap.I


« Chacun conduit sa vie à grande allure et souffre de tout attendre du futur et d'être insatisfait du présent. » ( chap. VI)

« Personne ne ramènera les années en arrière, personne ne te rendra une seconde fois à toi-même. Ta vie poursuivra son cours sans en inverser ni en interrompre le déroulement. » (chap. VIII)



# Posté le dimanche 06 avril 2008 07:03

Modifié le dimanche 06 avril 2008 07:16

Quelques explications... pour les plus courageux :d



SENEQUE (philosophe stoïcien : 1er siècle de notre ère à Rome) nous invite à réfléchir, AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD, à l'usage que nous faisons de notre temps, à notre façon de mener notre existence.

La sagesse stoïcienne enseigne qu'il ne faut pas perdre son temps et son énergie à lutter contre ce qui ne dépend pas de nous : l'écoulement du temps et la mort doivent donc être acceptés sereinement.

Ainsi, nous devons travailler à faire un bon usage de notre vie : il faut lutter contre les vices et les passions qui nous détournent des valeurs proprement humaines : La quête des plaisirs, la soif de richesses, la recherche du pouvoir et le désir de gloire nous égarent, nous aveuglent, nous font perdre de vue l'essentiel et nous font perdre notre temps en futilités.

Croire que le bonheur est au bout de ce chemin est une illusion car le bonheur est à vivre chaque jour et non après avoir amasser des richesses ou avoir établi sa réputation. Nous passons notre vie à essayer de rassembler les conditions d'un bonheur qui est toujours remis à plus tard et que nous ne vivrons jamais, car nous ne serons jamais satisfaits.

Cette recherche ininterrompue nous éloigne du bonheur car elle fait de nous des êtres inquiets, esclaves de leurs désirs et prêts à toutes les bassesses pour préserver leurs biens et leur réputation. Nous courons après notre bonheur sans jamais l'atteindre et nous découvrons au moment de mourir que nous n'avons pas vécu. C'est pour éviter un tel constat que Sénèque nous engage sans plus tarder à nous interroger et à méditer sur l'usage que nous faisons de notre vie afin d'éviter de nous réveiller trop tard.

Notre attachement farouche aux biens matériels et au jugement d'autrui nous éloignent des vraies valeurs : nous privent de notre liberté.

# Posté le dimanche 06 avril 2008 07:19

Modifié le dimanche 06 avril 2008 07:38

Une manière plus fun de dire à peu près la même chose...



Un prof de philo se présente devant la classe avec une série d'objets inhabituels qu'il pose sur son pupitre, face à ses étudiants.

Le silence intrigué de l'assistance étant acquis, le prof prend un grand bocal de cornichons (vide et propre) et commence par le remplir jusqu'au bord supérieur de pierres d'un diamètre situé entre 6 et 7cm.

Cela une fois terminé, il demande à la classe si le bocal est rempli.

Les élèves répondent que oui.

Le prof prend alors un sachet rempli de gravillons et le verse dans le bocal. Il agite le tout, pour égaliser, et voila que le gravier remplit tous les espaces encore vides.

Après avoir complété cette manipulation, le prof demande une fois encore à sa classe si le bocal est maintenant bien rempli.


La classe répond, hilare et intriguée, que oui.

Le prof se saisit alors d'un petit sac de sable et en verse le contenu dans le bocal. Evidemment, le sable se fraie un passage dans les interstices qui sont encore disponibles, au grand contentement de la classe.

" Voyez-vous " dit le prof en s'adressant à ses étudiants " j'aimerais que vous compariez ceci à votre propre existence : les grosses pierres représentent les choses véritablement importantes, comme la famille, le couple, la santé, les enfants. Ces choses qui font que même si vous perdez tout le reste, votre vie n'en demeurera pas moins bien remplie.

Les gravillons représentent, quant à eux, les choses qui sont importantes, mais non essentielles, comme le travail, la maison, la voiture.

Enfin, les grains de sable peuvent être comparés aux choses sans importances.


Si vous commencez par mettre le sable dans le bocal, il ne restera plus assez d'espace pour le gravier ou les pierres. Il en va de même avec votre vie : si vous gaspillez votre disponibilité et votre énergie pour les petites choses, il ne vous restera jamais assez ni de temps ni de place pour ce qui est essentiel à votre bonheur.


Jouez avec vos enfants, prenez le temps d'être à l'écoute de votre santé, sortez avec votre conjoint, parlez avec vos parents. Il y aura toujours du temps pour réparer l'aspirateur, pour finir un dossier ou laver la voiture.

Soignez les grandes pierres en tout premier lieu, ce sont les choses qui comptent vraiment. Le reste n'est que sable qui s'écoule entre vos doigts.


Jusqu'ici, tout va bien : " comme il a raison, comme ce discours est pertinent et élégant", etc.

Mais soudain, voilà qu'un étudiant se lève. Il s'approche du pupitre du maître et se saisit du bocal, dont chacun s'accordait à dire qu'il était cette fois véritablement totalement rempli. L'étudiant décapsule une canette de coca devant tout le monde et en verse tout le contenu dans le bocal. Ainsi, le liquide se disperse harmonieusement dans les espaces qui, à l'évidence, existaient encore dans le fameux bocal.


Moralité : " Aussi remplie que soit ton existence, il y aura toujours de la place pour un bon coca "




# Posté le dimanche 06 avril 2008 07:24

Modifié le lundi 07 avril 2008 01:06